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Tendrement enlacé

La Jordanie : un sanctuaire pour les enfants chrétiens iraqiens

par Diane Handal

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À l’heure où un soleil orangé enveloppe d’une teinte rosée Amman, capital du Royaume hachémite de Jordanie, une iraqienne d’un certain âge se lève pour entreprendre sa journée de nettoyage dans un édifice à bureaux. Le travail à temps partiel d’Inam lui rapporte mensuellement 100 DJ (environ 141 $), même pas assez pour couvrir son loyer de plus de 200 $ par mois. Bien que reconnaissante d’avoir un emploi, cette veuve doit assumer la survie de ses cinq enfants avec ce maigre revenu.

À titre de visiteur de passage, Inam n’a pas le droit de travailler en Jordanie. Elle a obtenu cet emploi – salvateur malgré la paie modeste – grâce à Sœur Wardeh Kayrouz, assistante sociale œuvrant auprès des Iraqiens réfugiés depuis la guerre du Golfe en 1991.

Sœur Wardeh et sa communauté, les sœurs franciscaines de Marie, consacrent leurs vies à aider les familles à trouver nourriture, logement, travail et autres biens de base. Il y a six ans, les religieuses ont intensifié leurs efforts en s’associant à la Mission pontificale, l’agence de CNEWA au Moyen-Orient.

Inam a d’abord entendu parler des sœurs franciscaines par des amis, lorsqu’elle et ses trois enfants furent évincés de leur appartement dont le loyer était en retard. Avant l’invasion de l’Iraq par les É.-U. en 2003, sœur Wardeh travaillait avec une douzaine de femmes iraqiennes vivant seules à Amman. Femme énergique, portant de grandes lunettes à monture métallique, elle offre ses conseils à un nombre croissant de familles iraquiennes, administre l’école du couvent et enseigne la catéchèse.

«Quand ils vivent la parole de Dieu, leur foi grandit et cela les aide à mieux affronter leur situation difficile» de souligner sœur Wardeh.

«Je ne sais pas d’où je tire mon énergie, s’étonne Inam, peut-être de la prière et de la foi en Dieu.»

Le mari d’Inam a succombé à une crise cardiaque il y a dix ans. Elle a fui en Jordanie avec ses enfants après le kidnapping de son cousin en 2005.

Les extrémistes musulmans ont commencé à viser la famille d’Inam – membres d’une ancienne minorité chrétienne en Iraq – en réclamant une rançon de 5 000 $ pour relâcher son cousin. Ils ont également fait pression sur son cousin pour qu’il divulgue les numéros de téléphone des membres de sa famille.

Quand il a été relâché, il s’est enfui en Syrie. C’est alors qu’Inam a commencé à recevoir des appels téléphoniques l’avisant qu’elle était la prochaine victime.

Craignant pour la sécurité de sa famille, elle vendit en hâte sa petite maison à Bagdad et a fui vers Amman avec ses biens et quatre de ses cinq enfants. Sa fille mariée est restée à Bagdad avec son mari.

Aussi récemment qu’en mai 2007, le Fato Institute of Applied International Studies de Norvège et le ministère des Statistiques de Jordanie estimaient qu’entre 450 000 et 500 000 réfugiés iraqiens vivent en Jordanie, pays aux faibles ressources, situé entre l’Iraq, l’Israël-Palestine, la Syrie et l’Arabie saoudite, et où s’entassent six millions d’habitants.



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Tags: Iraq Refugees Middle East Iraqi Christians Jordan