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Chypre

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Depuis ses origines dans la Palestine romaine, le christianisme a vite pris racine chez les populations de langue grecque de l’Empire romain. Selon les Actes des Apôtres, Saint Paul et Saint Barnabé ont propagé l’Évangile à Chypre — île aux profondes racines grecques. De nombreux habitants de la ville, ces premiers chrétiens chypriotes, ont formé une Église locale qui s’est développée en importants centres chrétiens. Plutôt que de renier leur culture hellénique, ces Églises l’ont adoptée, aidant ainsi à fournir les vocabulaires philosophiques et théologiques qui ont défini, plus tard, les enseignements de Jésus dans les communautés de langue grecque de l’Empire.

Relevant autrefois de l’Église d’Antioche, dont le patriarche nommait et ordonnait ses évêques, l’Église de Chypre a été autoc´phale depuis le concile d’Éphèse en l’an 431. En 488, l’empereur Zeno confirme l’indépendance de l’Église de Chypre et accorde à l’archevêque métropolitain plusieurs privilèges, dont le droit de signer son nom en cinabre — privilège réservé auparavant à l’empereur et aux patriarches — de tenir un spectre impérial au lieu de la crosse et de porter un manteau de couleur pourpre au lieu du traditionnel noir.

Données démographiques. Convoitée pour ses mines de cuivre, son bois et ses ports stratégiques, Chypre a été dominée par les civilisations concurrentes depuis les temps de la Perse et de la Grèce antiques. En vertu de sa culture hellénique dominante, Chypre a longtemps été considérée comme faisant partie de l’Europe, tandis que sa proximité géographique du Moyen-Orient a influencé sa culture, son histoire et sa politique.

Plus des trois quarts de sa population de 1,1 million sont des autochtones grecs, 18 % sont des autochtones turcs et 5 % comprennent les communautés arabe et arménienne aussi bien que les immigrants arrivés récemment. La grande majorité des Chypriotes grecs appartient à l’Église orthodoxe de Chypre. La plupart des Cypriotes turcs, quant à eux, est musulmane sunnite et vit dans la partie septentrionale du pays, que ces derniers nomment aujourd’hui la R´publique turque de Chypre du Nord. Les autres communautés chrétiennes incluent les Églises arménienne apostolique, latine et maronite.

Situation sociopolitique. Les tensions qui existent entre la majorité grecque et la minorité turque de Chypre ont marqué l’histoire de la politique moderne depuis que l’île a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1960. De faton constitutionnelle, un système complexe de contrôle et d’équilibre a été mis en place pour protéger la minorité turque, stipulant de réserver aux Chypriotes turcs des sièges au parlement et au cabinet, notamment la vice-présidence. L’implication de forces régionales, particulièrement les grecques et les turques, ont exacerbé les tensions et ont mené à la division éventuelle du pays, selon des frontières ethniques, en 1974. Les Chypriotes turcs ont déclaré leur indépendance, que seule la Turquie reconnaît.

De 1960 jusqu’à son décès en 1977 (sauf pendant une période de six mois en 1974), Makarios III, archevêque de Nouvelle Justinienne (Nea Justiniana) et de tout Chypre, a gouverné Chypre à titre de premier président élu démocratiquement. Bien que l’archevêque ait souhaité autrefois l’Enôsis, ou l’union avec la mère patrie grecque, il a œuvré, en tant que président, pour faire de Chypre une nation forte et unie.

En mai 2004, Chypre s’est jointe à L’Union européenne en dépit des divisions continues dans le pays. En 2008, les leaders chypriotes grecs et turcs ont amorcé des discussions visant l’unification. Pour leur part, les Nations Unies ont proposé un partenariat qui « comprendrait un gouvernement féd7eacute;ral à une personnalité internationale, ainsi qu’un État constitutif chypriote turc et un État constitutif chypriote grec, qui auraient tous deux un statut d’égalité ».



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